De plus en plus de professionnels sont en quête de liberté et d’autonomie, c’est pourquoi beaucoup décide de se mettre à leur compte. Le statut de micro-entreprise, de part sa simplicité et sa flexibilité, est un choix qui semble donc attiré beaucoup de personne.
Mais derrière l’image de liberté que l’on associe souvent au travailleur indépendant, la réalité d’être entrepreneur solo comporte aussi des défis à ne pas sous-estimer.
Evidemment, je donne ici mon expérience en tant qu’auto-entrepreneuse dans les médecines douces, ainsi que celle de mes consœurs avec qui j’ai pu échanger sur le sujet.
Les multiples casquettes à avoir lorsqu’on est à son compte
En effet, être auto-entrepreneur signifie souvent (dans un premier temps tout du moins) devoir être performant dans plusieurs domaines :

1. Communication et visibilité
Il faut se faire connaître, il faut se vendre, être son propre porte-parole. Or, il ne suffit plus de déposer des flyers et des cartes de visites dans les boutiques du coin, ou de participer à des évènements.
En effet, nous sommes dans une ère numérique, il est donc impératif d’être présent sur internet, que ce soit avec un site internet ou des réseaux sociaux. Idéalement, il faut être présent partout, ce qui signifie apprendre les codes de chaque plateforme.
Chaque réseau social va avoir son mode de fonctionnement, sa communauté type et son algorithme précis. Même si on peut y retrouver des points communs, il est souvent nécessaire de réaliser des formations sur chacun pour pouvoir au mieux les rentabiliser et améliorer son référencement.
Idem pour le site internet qui doit être intégralement optimisé SEO (référencement naturel), car quel est le but d’avoir un site internet si personne ne le voit ? Aucun.
Donc, il ne suffit pas d’être présent sur internet, il faut être actif et poster régulièrement. C’est la première casquette du micro-entrepreneur : être Community Manager.
2. Gestion financière
Même si la comptabilité en micro-entreprise est relativement simplifié, il convient tout de même de la réaliser. Il faut prévoir la fluctuation des revenus, anticiper les périodes creuses, savoir fixer des tarifs justes et connaître toutes les réglementations en vigueur.
En effet, chaque statut va avoir ses propres règles, et celles-ci peuvent évoluer d’une année à l’autre. Donc, comme pour le point précédent, il convient de se tenir informer et se former sur le sujet.
Il faut aussi déclarer son chiffre d’affaires tous les mois, payer ses impôts et ses charges en temps et en heure. Voici donc la deuxième casquette : être Comptable.
3. Formation continue
Comme expliqué un peu plus haut, il est nécessaire de se former en continue, que ce soit dans les différents domaines nécessaire à la pérennité et au développement de l’entreprise, mais également continuer à se former dans son métier de prédilection. Dans mon cas, les médecines douces évoluent continuellement, tout comme les réglementations qui les entourent. Il est donc essentiel de se tenir informé des nouvelles pratiques pour garantir un accompagnement de qualité, ainsi que des nouvelles réglementations afin de travailler dans la légalité et la sécurité.
Il peut aussi être judicieux de développer ses compétences, pour son plaisir personnel ou afin de se différencier, ou pour pouvoir proposer des prestations variées à sa clientèle.
Quoiqu’il en soit, il y a une troisième casquette : être son propre Formateur.

Les autres défis de la micro-entreprise
1. L’isolement
Au-delà de ses multiples casquettes, l’auto-entrepreneur doit faire face à l’isolement. Travailler seul pour certain peut être difficile. Heureusement, il existe des espaces de coworking qui peuvent remédier à ce problème.
Il peut aussi être intéressant de rejoindre des réseaux de professionnels afin de rompre la solitude et d’échanger sur les bonnes pratiques. Cela permet aussi de se faire connaitre davantage dans votre secteur et votre ville. Cela peut aussi vous permettre de rencontrer des personnes pouvant vous aider dans les différents domaines vus précédemment.
Evidemment, en tant qu’auto-entrepreneur, nous ne sommes pas obligés de tout faire seul, au contraire, il est judicieux de demander de l’aider voir de déléguer certaines taches à des personnes dont c’est le métier. Le travail sera de meilleure qualité et plus efficace. En revanche, cela sous-entend avoir suffisamment de revenus.
2. Le coût financier
La dernière casquette en tant qu’auto-entrepreneur : être son propre Investisseur. Dans ce domaine-là, nous sommes inégaux, certains auront plus d’apport personnel que d’autre, certains auront même des aides extérieurs. Toutefois, être à son compte nous oblige à investir dans son projet, que ce soit pour se former ou pour se faire aider. Il faut investir dans son entreprise si on veut qu’elle grandisse et qu’elle réussisse.
Il faut aussi comprendre que l’entreprise, selon le secteur professionnel, peut mettre plus ou moins de temps à être pérenne. Il est donc impératif de ne pas se comparer mais de se discipliner et rester concentrer sur ses objectifs.

Les avantages de la micro-entreprise
C’était important pour moi, à travers cet article, d’être la plus transparente et réaliste sur la micro-entreprise. En revanche, il y a aussi des avantages non négligeables à ce statut.
1. Simplicité administrative
Créer sa micro-entreprise est simple et rapide. Comme expliqué dans l’aspect gestion financière, la comptabilité en micro-entreprise est simplifié et les déclarations peuvent être faites en ligne rapidement et efficacement. Il suffit de faire ses comptes manuellement ou informatiquement.
Il existe également des aides afin d’avoir des réductions ou des exonérations des charges sur la première année. Il suffit de réaliser les démarches en ligne.
2. Liberté d’organisation
C’est le point qui attire le plus les professionnels, en effet vous gérez vos horaires et adaptez vos rendez-vous selon vos besoins et votre vie privée. Il n’y a aucun lien de subordination puisque c’est vous qui prenez les décisions. Il est donc plus simple de pouvoir réadapter son emploi du temps en cas de rendez-vous médical urgent ou d’obligation parentale inattendue par exemple.
3. Proximité avec les clients
Le fait de ne pas dépendre d’une plus grosse structure fait que vous êtes directement au contact de vos clients. Dans les métiers du bien-être et de la santé, la relation humaine est d’autant plus essentielle.
De plus, être indépendant permet de rester au plus proche de vos valeurs personnelles.
4. Tester avant d’approuver
Ce statut est aussi un bon moyen de tester son activité avec le moins de danger et de réglementation. En tant que naturopathe et réflexologue, j’ai choisi des métiers encore peu connues et courants, la micro-entreprise est donc idéale pour me lancer tout en limitant les charges un maximum.
Mais si vous souhaitez tester votre projet tout en étant accompagner de A à Z sans avoir à vous inscrire immédiatement, je vous conseille des organismes telle que les couveuses d’entreprises qui sont parfaitement adaptées à ce besoin (PES 45 sur Orléans).

Comment réussir en tant que micro-entreprise ?
Très honnêtement, je n’ai pas la réponse à cette question car j’y travaille encore, mais ce qui est sûre c’est qu’il faut de la motivation, de la discipline et de la persévérance. Beaucoup de praticienne dans le bien-être m’ont expliqué qu’il leur a fallu minimum 3 ans pour que leur entreprise soit pérenne. Il faut donc également être patiente.
Voici quelques conseils supplémentaires que j’ai pu recevoir :
- Soigner son référencement naturel (SEO)
- Créer une présence en ligne solide
- Développer son réseau local
Mais attention, il est important de trouver son équilibre personnel : en tant que praticien du bien-être, je trouve qu’il est crucial d’appliquer à soi-même les conseils que l’on donne à ses clients.
Conclusion
Être à son compte, surtout dans les domaines du bien-être et des médecines douces, est une aventure passionnante mais semé d’embuche. Le statut de micro-entreprise offre une grande liberté mais demande organisation, discipline et persévérance. Et comme pour n’importe quel travail, il est impératif de trouver un bon équilibre vie professionnelle et vie personnelle afin de ne pas faire un burn-out.
